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L’histoire de la Colecovision
La Colecovision a tout pour réussir
En 1980, le marché des consoles est particulièrement lucratif, mais aussi très concurrentiel. Atari le domine quasiment sans opposition face à Mattel ou encore Philips, pourtant des mastodontes d’envergure. Mais une autre entreprise du nom de Coleco veut tenter le coup. Coleco n’est pas totalement inconnu tout de même puisque l’entreprise américaine a, comme Atari, lancé sa propre console, la Telstar, en 1976. Celle-ci a d’ailleurs connu plusieurs modèles accompagnés d’autres jeux à part le traditionnel Pong. Une des déclinaisons est d’ailleurs la Telstar Arcade avec son volant et son pistolet intégrés.
Après avoir sorti une console appelée Coleco Telstar en 1976 avec un certain succès, la firme revient en force avec la ColecoVision en 1982. Mais pour marquer le coup, non seulement Coleco s’est associé à CBS pour bénéficier d’un réseau de distribution efficace, mais en plus la machine est plus puissante que toutes les autres.

Coleco propose également tout un tas d’accessoires et d’extensions hardware afin que les joueurs puissent avoir un large choix d’expériences ludiques. Ainsi, ils auront le droit à un volant avec son pédalier, des gants de boxe, à une extension informatique nommée « Adam » ou encore à une cartouche permettant de jouer à tous les jeux disponibles sur Atari 2600, sa principale ennemie ! Autant dire tout de suite qu’Atari a, comme à de nombreuses reprises auparavant, entamé des poursuites à l’encontre de Coleco, même si elles se sont terminées par un accord à l’amiable.
Son catalogue de jeux est par ailleurs gonflé par des jeux populaires développés par des entreprises réputées du secteur des bornes d’arcade. Citons notamment Zaxxon de Sega, un jeu de tir en 3D isométrique et loué pour ses graphismes inédits à l’époque, ou encore Donkey Kong de Nintendo, vendu avec la console en France par exemple. La Colecovision ayant un hardware performant, les portages de ces jeux d’arcade étaient d’une qualité qu’aucune console concurrente ne pouvait supporter.
Une vie écourtée par le krach
Il ne fait aucun doute que la ColecoVision est bien partie pour être un grand succès, même si la longueur d’avance d’Atari est tout simplement irrattrapable. Mais à peine un an plus tard, en 1983, un krach économique sévit le secteur du jeu vidéo. La concurrence des micro-ordinateurs et la mauvaise qualité de nombreux jeux vidéo commercialisés ont eu raison de cet effondrement. Coleco est donc contraint de tout abandonner en 1985, ce qui n’empêchera pas sa faillite en 1988 à cause des dégâts irréparables causés par cette conjoncture économique défavorable.
Une page de pub
Publicité française pour le jeu Turbo sur Colecovision, le jeu qui était fourni avec un des extensions dont celle-ci bénéficiait, le volant. Présentation de plusieurs parties dans différentes décors avec de bonnes sensations de conduite grâce à l’ajout du volant en tant que périphérique de jeu.
La collection du MTR
Lieu de fabrication : Hong Kong ;
Hardware
Software
Donkey Kong (1983)
Ce jeu est un incontournable de la Colecovision tellement il a contribué à son succès. Il s’agit d’un des portages les plus réussis graphiquement en raison des performances de la machine. On ne lui en voudra pas, mais la manette de la Colecovision ne fait pas bon ménage et constitue le seul hic. Le scénario est connu de tous : à vous de sauver Pauline, retenue en otage par le gorille Donkey Kong, avec Jumpman. Pauline et Jumpman sont les « ancêtres » de deux personnages devenus célèbres par la suite : Peach et Mario. Bref, un grand classique.
Zaxxon (1983)
Zaxxon est un jeu révolutionnaire pour l’époque, à tel point qu’il fait partie des premiers jeux d’arcade à bénéficier d’une publicité télévisée. Développé par Sega, alors pas encore un fabricant de consoles, il s’agit d’un hit en raison de sa 3D isométrique qui donne lieu à un shoot-them-up réussi graphiquement. La version sur Colecovision est fidèle à celle de l’arcade contrairement aux portages sur Atari 2600 et Intellivision par exemple parce que ces derniers ne proposent pas de la 3D. À vous de venir à bout un robot à l’aide d’un vaisseau spatial à travers des niveaux situés dans une forteresse truffée de pièges.
Schtroumpfs (1983)
Il s’agit d’un jeu de plate-forme s’inspirant de la célèbre bande-dessinée. Très beau graphiquement, il s’avère parfois frustrant, mais il saura convenir à tout le monde.
Donkey Kong Junior (1983)
Donkey Kong a eu le droit à cette suite originale. Ici, vous incarnez Donkey Kong Jr. et vous devez libérer DK qui a été capturé par un certain… Mario. Eh oui, il s’agit du seul jeu vidéo où Mario n’est pas jouable et surtout est l’antagoniste. Le jeu ressemble de près ou de loin au précédent opus : c’est-à-dire gravir des étages pour atteindre DK.
Antartic Adventure (1983)
Place à un jeu d’aventure à défilement vertical où vous incarnez un pingouin qui doit atteindre plusieurs fins de niveau. Mais attention aux trous et aux autres animaux du continent. Vous pouvez aussi gagner des points en mangeant des poissons et sauter et ralentir pour éviter les pièges.
Mouse Trap (1983)
Très probablement une des meilleures adaptations libres de Pac-Man. Dans ce jeu, vous incarnez une souris qui doit ramasser tous les morceaux de fromage comme la célèbre boule jaune et ses pastilles, tout en évitant les chats. L’originalité réside dans un système de portails, disséminés à certains endroits de chaque niveau, que vous pouvez ouvrir et fermer. Par ailleurs, vous pouvez aussi vous transformer en chien momentanément pour manger les chats, mais attention parce qu’un oiseau survolant l’arène de jeu peut vous dévorer… Bref, un jeu très original, fun, stratégique et stressant.
Sources
LE BRETON Jean-Louis, SPERANZA René, Manettes & pixels : histoire du jeu vidéo & retrogaming, Toulouse, Éditions de la Vallée heureuse, 2015. Disponible : https://www.fnac.com/a9068846/Rene-Speranza-Manettes-et-Pixels-Histoire-du-jeu-video-et-Retrogaming.
ICHBIAH Daniel, La Saga des jeux vidéo, 5ème édition, Châtillon, Pix’n Love Éditions, 2012. Disponible ici : https://www.fnac.com/a3818842/Daniel-Ichbiah-La-saga-des-jeux-video.
Page Wikipédia en anglais ici : https://en.wikipedia.org/wiki/Zaxxon.