Le ColecoVision Adam de Coleco (1983-1985)

Configuration complète de l’extension Coleco Adam.


L’histoire d’une extension ambitieuse

Les points forts de l’Adam

Atari, Mattel et Coleco se livrent une guerre impitoyable afin de dominer le marché lucratif des consoles au début des années 1980. Face à l’Atari 2600 du premier et l’Intellivision du second, la ColecoVision du troisième est la machine la plus puissante technologiquement du moment, mais face à la concurrence émergente des micro-ordinateurs, Coleco veut prolonger sa vie grâce à une extension baptisée « Adam ».

Logo de Coleco, l’entreprise américaine qui ose défier Atari avant de sombrer dans le krach.

Adam, qu’est-ce que c’est ? Il s’agit d’un module se branchant sur le côté de la console de jeu et qui permet d’utiliser la Colecovision comme un ordinateur. Il est composé d’une imprimante marguerite, d’un clavier et d’une unité centrale comprenant deux lecteurs cassettes. À noter que l’imprimante sert d’alimentation de tout le système, ce qui est particulièrement étrange. En revanche, son clavier est un des seuls, à l’époque, à pouvoir basculer du QWERTY à l’AZERTY, une véritable innovation. Et pour que les utilisateurs ne se perdent pas dans ce basculement vers l’un ou l’autre, des étiquettes autocollantes étaient vendues aussi.

Avec cette extension, il était possible de jouer à quelques jeux vidéo comme le titre d’arcade Buck Rogers, de s’exercer à la maîtrise du langage Basic grâce à un logiciel développé exprès pour l’Adam ou encore d’utiliser un logiciel de traitement de texte.

La chute brutale de l’Adam

C’est bien sympa tout ça, mais l’Adam a plusieurs inconvénients qui ont provoqué sa chute rapide. D’abord, la configuration de l’Adam a besoin d’un grand espace, ça ne rentrera pas partout, et en plus ça pèse très lourd ! Ajoutons aussi le fait qu’aucune cassette (ni clé USB aujourd’hui peut-être) ne doit se trouver à proximité de l’unité centrale et de l’imprimante à cause des champs magnétiques qui peuvent endommager les données. De même, aucune cassette ne doit se trouver dans le lecteur au moment de démarrer la machine car, paraît-il, elle pourrait littéralement exploser.

Tous ces genres de problèmes ont fait que de nombreuses machines défectueuses ont été ramenées par leurs acheteurs, nuisant une image déjà entamée. Ce n’est pas non plus l’éphémère lecteur de disquettes qui allait remonter le niveau, le manque de fiabilité ayant été constaté. Même s’il y a des défauts, l’Adam n’aurait de toute façon pas pu survivre au krach du jeu vidéo en 1983-84 ni à la montée en puissance des micro-ordinateurs proprement dits, beaucoup plus puissants, plus fiables et moins chers.


Une page de pub

Publicité américaine pour la Colecovision et son extension Adam. Il s’agit clairement d’une publicité comparative entre une Atari 2600 proposant une seule manière de jouer, avec le seul joystick, et une Colecovision dotée de plusieurs périphériques. À partir du milieu, l’Adam fait son apparition et est là pour valoriser la Colecovision grâce à son utilisation plus variée par rapport à une console de salon seule.


La collection du MTR

Le MTR possède la configuration complète.

Caractéristiques :

Titre : Expansion Module #3 Coleco Adam ;

Type : objet ;

Format : 4 pièces, plastique – 394 x 370 x 147 mm (imprimante), 380 x 280 x 104 mm (unité centrale), 388 x 166 x 57 mm (clavier), 377 x 426 x 36 mm (plaque de jonction) ;

Auteur/fabricant : Coleco Industries, Inc. ;

Lieu de fabrication : États-Unis ;

Date de sortie commerciale : 1983 (États-Unis), 1984 (Europe) ;

Numéro d’inventaire : 2025.79.1 ;

Date d’entrée au MTR : 16/01/2025.


Sources

LE BRETON Jean-Louis, SPERANZA René, Manettes & pixels : histoire du jeu vidéo & retrogaming, Toulouse, Éditions de la Vallée heureuse, 2015. Disponible : https://www.fnac.com/a9068846/Rene-Speranza-Manettes-et-Pixels-Histoire-du-jeu-video-et-Retrogaming.

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