Le disque CED Selectavision de RCA (1981-1986)



La longue histoire du CED

La naissance du projet

À partir des années 1970, le vidéodisque est de plus en plus étudié par certaines entreprises soucieuses de proposer un support vidéo à la qualité supérieure aux cassettes vidéo dominantes. Mais l’euphorie technologique pour le développement d’un tel support révolutionnaire a commencé dès 1964 pour RCA, un des leaders du marché des téléviseurs américains. Bien que dotée de moyens financiers, humains et matériels considérables, l’entreprise ne parvient pas à développer un lecteur de vidéodisque suffisamment fiable et il faut attendre 1977 pour qu’une sortie soit annoncée, soit bien après celle du TeD de Telefunken.

Logo de RCA Corporation utilisé entre 1968 et 1987.
Logo de RCA Corporation de la fin des années 1960 à 1987.

Le rêve devient (enfin) réalité

Toutefois, il faudra attendre encore quatre ans pour que le lecteur soit commercialisé. Mentionnons effectivement que RCA connait une crise interne depuis 1965, date de la démission de David Sarnoff, son fondateur. En cause, une succession de plusieurs PDG et l’échec de la politique de diversité voulue dans les années 1970. RCA a en effet racheté des entreprises issus de secteurs autres que l’électronique et s’est même lancé dans le marché des consoles avec la RCA Studio II, un clone de la Magnavox Odyssey et des consoles Pong qui n’a pas convaincu.

À sa sortie en 1981, le CED peut se targuer d’être moins cher – 500 dollars – que le principal standard de vidéodisque concurrent, le LaserVision de Philips -situé à 750 dollars. De plus, RCA peut compter sur des soutiens de poids comme les Américains Sears, CBS et Tandy, mais aussi les Japonais Hitachi, Sanyo et Toshiba.

Le vidéodisque victime de sa longévité

Malheureusement, les lecteurs ne se vendent pas bien : 60 000 lecteurs vendus en fin 1981, c’est mieux que les 13 000 pauvres lecteurs TeD, mais c’est très loin des 200 000 unités espérées. Ainsi, RCA continue de perdre beaucoup d’argent, quand bien même plus de 100 millions de dollars ont déjà été investis depuis les premiers développements en 1964 et alors que la politique de diversification a jadis nui à l’image de la firme. Ainsi, les lecteurs disparaissent des rayons en 1984, tout comme les disques deux ans plus tard. D’ailleurs, RCA ne survivra pas à cet échec de trop qui conduit à son rachat la même année par General Electric.


Une page de pub

Publicité américaine du CED avec plusieurs extraits de films à succès du moment dont Grease. Dans ce spot, l’accent est mis sur le catalogue de programmes disponibles ainsi que sur la qualité de l’image, à une époque où les cassettes dominantes offrent une qualité inférieure. L’objectif est d’en mettre plein la vue aux téléspectateurs, avec une mise à l’écart de tout aspect technique et pratique lié à la machine. Ainsi, le lecteur n’apparaît que lorsqu’une personne insère un disque dans la bouche, alors que c’est plus compliqué que cela.


La collection du MTR

Caractéristiques :

Titre : vidéodisque CED Selectavision ;

Type : objet ;

Format : 1 pièce, plastique – 324 x 355 x 7 mm, un vidéodisque ;

Auteur/fabricant : RCA Corporation ;

Date de sortie commerciale : 1981 ;

Numéro d’inventaire : 2025.81.1 ;

Date d’entrée au MTR : 16/01/2025.

Le MTR possède un seul disque CED. Il s’agit du film The Horse Soldiers. Il est très difficile de se procurer davantage de disques CED et surtout de lecteur, ceux-ci étant sortis quasi-exclusivement aux États-Unis.


Sources

DARTEVELLE Christian, « Le vidéodisque face au magnétoscope », Science & Vie n° 776, mai 1982, p. 130.

BELLONE Roger, « L’image et le son sur un seul disque », Science & Vie n° 764, mai 1981, p. 177.

WIKIPÉDIA, « RCA », Wikipédia [en ligne], dernière modification le 3 janvier 2025, consulté le 21/01/2025. Disponible ici : https://en.wikipedia.org/wiki/Capacitance_Electronic_Disc.

Un site dédié au CED : https://cedmagic.com/.

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