Le Vidéo 2000 de Philips (1979-1988)



L’histoire du format Vidéo 2000

La naissance du Vidéo 2000

Le Vidéo 2000 est un standard de cassette vidéo lancé à partir de 1980 par Philips avec le soutien d’autres entreprises européennes importantes, Grundig, Radiola et Schneider. Le but affiché est clairement de proposer une cassette de conception européenne pour libérer le continent de la suprématie japonaise effective à travers les formats VHS et Betamax. Il était temps d’agir parce que les deux cassettes vidéo « locales » précédemment lancées, le VCR de Philips en 1972 et le SVR de Grundig en 1979, sont technologiquement obsolètes si on les compare avec les concurrentes japonaises.

Logo de la multinationale Philips, dont les dirigeants veulent éradiquer la présence de cassettes vidéo conçues par les Japonais.

Lorsque le Vidéo 2000 arrive, elle a plus d’un atout dans sa manche. Le principal d’entre eux, c’est la durée d’enregistrement disponible sur la bande magnétique. En effet, Philips a repris le concept de la cassette audio, à savoir l’enregistrement sur les deux faces de la bande. Ainsi, avec une capacité de base de quatre heures, l’utilisateur pouvait enregistrer huit heures de programmes, et jusqu’à seize heures même sur le dernier modèle de magnétoscope !

Enfin, un autre avantage est son DTF ou Dynamic Track Following, un dispositif électronique permettant de pister avec précision la piste de la bande. Ainsi, l’image rendue à l’écran est excellente, sans cette neige parasite qui accompagnait souvent les VHS lors de leur rembobinage ou durant les mises en pause.

La défaite face aux Japonais

Malgré cet éloge, le Vidéo 2000 n’a pas pris. La principale raison, c’est la sortie très tardive du standard. Son lancement a eu lieu trois ans après la VHS notamment, les consommateurs avaient donc déjà opté pour elle.

Un autre facteur intervient également. Bien que non décisif, il n’a tout de même pas faciliter la vie à Philips et ses alliés. Les premiers modèles de magnétoscopes vendus ont été souvent confrontés à des problèmes techniques qui ont obligé les acheteurs à ramener leurs machines aux services après-vente.

Dès le départ donc, l’image du standard a été affectée. Finalement, face à la victoire incontestable de la VHS, le Vidéo 2000 a été abandonné progressivement à partir de 1986 avant de complètement disparaître dans l’indifférence en 1988.


Une page de pub

Cette publicité française résume parfaitement ce que la technologie du Vidéo 2000 est capable de faire. Rappelez-vous le DTF mentionné plus haut. Ici, il figure clairement comme le principal argument en faveur de la cassette de Philips. La publicité est donc fondée sur l’extrait d’une vidéo sur cette cassette où différents modes de visionnage sont passés en revue (l’accéléré, le ralenti et la mise en pause). De plus, à la fin, il est bien entendu rappelé que la cassette peut être lue sur les deux faces.

Au passage, la machine présentée est le très certainement le VR2020, c’est-à-dire le premier modèle de magnétoscope du format.


La collection du MTR

Caractéristiques :

Titre : Magnétoscope Vidéo 2000 Philips VR 2324 ;

Type : objet ;

Format : 2 pièces, plastique – 438 x 274 x 117 mm, un câble d’alimentation ;

Auteur/fabricant : Philips ;

Date de sortie commerciale : 1983 ;

Numéro d’inventaire : 2025.74.1

Date d’entrée au MTR : 08/01/2025 ;

Note : échec de l’essai avec une cassette.

Le MTR possède le modèle VR2324. Celui-ci est un modèle de deuxième génération, caractérisée par des designs similaires et un lecteur de type chariot, montant et descendant, alors que les premiers avaient conservé une ouverture inclinée héritée des magnétoscopes VCR.


Sources

DENIS-LEMPEREUR Jacqueline, « La fièvre règne à Vidéo-City », Science & Vie n° 782, novembre 1982, p. 86.

BELLONE Roger, « Huit heures d’images avec la Vidéo 2000 », Science & Vie n° 744, septembre 1979, p. 122.

DARTEVELLE Christian, « Le magnétoscope prisonnier du temps libre », Science & Vie n° 773, février 1982, p. 119.

S.N., « Le nouveau magnétoscope Philips VR 2324 », Le Haut-Parleur n° 1699, décembre 1983, p. 212.

La vidéo de Techmoan sur YouTube, c’est ici.


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