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L’histoire du CD-i de Philips
Le retour de Philips

Le CD-i cherche désespérément une identité
Mais voilà, c’est là que réside un des problèmes du CD-i. S’agit-il d’une console, d’un terminale informatique, d’un lecteur de films ou d’autre chose ? L’orientation précise de la machine est assez confuse et en plus, son prix est assez prohibitif pour une machine que Philips présente comme une console de jeux vidéo. En effet, à 4 990 F, elle est bien plus chère que la Megadrive de Sega, pour des performances pas vraiment meilleures en plus.
Pour le côté jeux vidéo d’ailleurs, citons l’ergonomie désastreuse de certaines manettes du CD-i qui ont une forme de télécommande, ce qui n’est pas adapté pour jouer. Certes, des manettes vraiment dédiées aux jeux vidéo ont été produites, pour le plus grand bonheur des fans, mais le mal est déjà fait. De plus, ajoutons le fait que de nombreux programmes et logiciels sortis sur CD-i, jeux vidéo comme films, ne peuvent fonctionner qu’avec la présence dans la machine d’une carte d’extension MPEG qui décompresse des fichiers lourds en données. Or, cette carte n’était pas incluse, il fallait l’acheter à part. Donc, il fallait encore payer une petite somme pour s’approprier cet accessoire en fin de compte important.
Le CD-i a connu plusieurs modèles de lecteurs avec des designs assez différents. D’un côté, il y avait des machines de type lecteur multimédia, de l’autre des machines ressemblant davantage à des consoles de salon. L’objectif derrière ça, c’est bien sûr assurer l’adhésion du plus large public possible, entre ceux voulant jouer aux jeux vidéo et ceux voulant profiter d’autres types de programmes. Mais malgré la sortie d’une panoplie de modèles toujours plus élaborés et moins chers, le CD-i a sombré face à la concurrence des ordinateurs d’un côté, et des consoles 32 bits de l’autre comme la PlayStation, la Saturn et la 3DO, cette dernière étant sa principale semblable mais en plus performante.
Une page de pub
Ce spot TV présente le genre de programmes que le CD-i propose. Face à un public familial, le CD-i est là pour intéresser tous les membres et tous les goûts de chacun : applications pour enfants, films, encyclopédies…
La publicité ci-dessous met l’accent sur la diversité des logiciels disponibles sur CD-i : films, jeux pour enfants, logiciels interactifs, jeux vidéo… Bref, de quoi satisfaire tout le monde. Il est aussi possible de voir à 0:25 s. un des accessoires disponibles, un « trackball », cette boule bleue qui s’avère dans certains cas plus précis qu’une manette traditionnelle pour diriger un curseur à l’écran. Il est fait mention également de la gamme de formats CD que la console peut lire.
La collection du MTR
Hardware
Consoles
Le CD-i 210 est un modèle assez courant. Son design correspond à la volonté de Philips de présenter le CD-i comme un lecteur multimédia. Sa ressemblance avec un magnétoscope est presque évidente en effet. Il dispose d’un lecteur de CD de type chariot comme cela est très répandu à l’époque.

Ce CD-i, le modèle 450, a en revanche été travaillé pour être similaire à une console de salon. Beaucoup plus compact et plus petit, il était destiné quasi-exclusivement aux amateurs de jeux vidéo, même s’il est évidemment possible de lui faire lire des films par exemple. Chose peu fréquente pour une console, il possède une alimentation externe visible sur la photo.

Les deux consoles du MTR possèdent la carte MPEG. Pour rappel, celle-ci est essentielle pour jouer à certains jeux vidéo, notamment ceux incorporant des cinématiques.

Accessoires
Pour ces consoles, le MTR possède :
-1 télécommande. Cette télécommande fait également office de manette pour jeux vidéo, même s’il est clair qu’elle n’est absolument pas pensée pour jouer à cause de son ergonomie. Les boutons ne sont pas nombreux avec des fonctionnalités de base.

-2 pistolets optiques. Le pistolet fait partie des meilleurs accessoires du CD-i. Cet accessoire n’est compatible qu’avec certains jeux, offrant une plus grande précision qu’une manette classique. Pour son fonctionnement, il faut en revanche obligatoirement une télé cathodique (comme tous les pistolets pour consoles avant 2000-2001). Par ailleurs, l’accessoire fonctionne grâce à un détecteur qui se place sur le téléviseur.

Software
La quasi-totalité des jeux du MTR nécessite la présence de la carte MPEG car pour beaucoup, ce sont des jeux FMV, c’est-à-dire des sortes de films tournés avec de vrais acteurs mais dans lesquels le joueur peut interagir.
Mad Dog McCree (1993)
Il s’agit d’un représentant majeur du jeu FMV. Au début, il était possible de s’essayer à ce jeu de tir en plein cœur du Far West dans les magasins. Face à l’engouement du public, il a pu être porté sur des consoles à technologie CD-Rom (la cartouche n’était pas un support adapté pour porter ces jeux volumineux en données). Ce jeu est vraiment très amusant même si le concept a vieilli et si c’est évidemment répétitif. Le jeu d’acteur est grotesque et ridicule au possible, mais c’est ce qui fait le charme de ce jeu. Compatible avec le pistolet.
Mad Dog McCree 2 : le Trésor Perdu (1994)
Il s’agit ni plus ni moins que de la suite du précédent. Les niveaux sont plus nombreux et donc le jeu a une durée plus longue. Bien que difficile, il reste aussi attachant que le premier. Compatible avec le pistolet.
The Last Bounty Hunter (1996)
Vous incarnez cette fois un chasseur de primes probablement pendant la Guerre de Sécession aux États-Unis. L’objectif est de capturer ou tuer quatre chefs de gangs. Sachant que les capturer rapporte plus d’argent. Encore un jeu où les scènes d’action sont aussi exagérées, mais drôles. Compatible avec le pistolet.
Crime Patrol (1993)
Place à un autre grand classique du genre FMV. Cette fois, vous incarnez un membre de la police qui doit combattre un réseau de trafiquants de drogue au cœur de villes américaines. Ce jeu a également rencontré un certain succès à sa sortie. Comme les deux précédents, il est très amusant pour son contenu ridicule. Compatible avec le pistolet.
Crime Patrol 2 : Drug Wars (1993)
C’est la suite. Les scènes d’action sont grossières mais en même temps, il y a beaucoup plus d’actions. Un jeu aussi fun. Compatible avec le pistolet.
Chaos Control (1995)
Voilà un tout autre type de jeu où vous dirigez un vaisseau spatial. C’est un rail shooter, c’est-à-dire que le joueur ne commande pas le vaisseau lui-même qui avance tout seul. Le joueur se contente juste de tirer sur tous les ennemis qu’il croise. Compatible avec le pistolet.
Burn Cycle (1994)
Il s’agit d’une exclusivité sur le CD-i, les autres portages prévus sur Saturn et PlayStation n’ayant jamais vu le jour. Dans un univers futuriste, vous incarnez un personnage qui doit combattre un virus mortel et dans de nombreuses situations, il faut appuyer sur un bouton au bon moment, sinon il meurt. De plus, vous ne disposez littéralement que de deux heures pour terminer le jeu car dans le cas contraire, c’est game over. Un jeu d’aventure difficile mais très réussi tant au niveau de l’intrigue que de la qualité des images.
Micro Machines (1995)
Un jeu pour le moins drôle. Il a été porté sur plusieurs consoles de cette époque comme la Megadrive ou la Nintendo 64. Vous dirigez des petites voitures que vous apercevez en vue aérienne. Celles-ci vont très vite et les courses deviennent complètement folles par moment.
Sources
ESTADIEU Roméo, La guerre des consoles dans la presse vidéoludique française De la fin des années 1980 au début des années 2000, Mémoire de Master, Université Toulouse Jean Jaurès, 2023.
LE BRETON Jean-Louis, SPERANZA René, Manettes & pixels : histoire du jeu vidéo & retrogaming, Toulouse, Éditions de la Vallée heureuse, 2015. Disponible ici : https://www.fnac.com/a9068846/Rene-Speranza-Manettes-et-Pixels-Histoire-du-jeu-video-et-Retrogaming.