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L’histoire de la Dreamcast
Au commencement était un rêve

Avant le cauchemar
Pour convaincre un public dérouté par des décisions hasardeuses prises par le passé, Sega peut compter sur une figure de poids de l’industrie informatique : Microsoft. La firme de Bill Gates soutient en effet la Dreamcast en la dotant du système d’exploitation Windows CE, en complément de celui développé par Sega, SegaOS, pour permettre un portage facile des jeux PC.
Mais, après des semaines prometteuses au début, Sega voit le retour de son démon, Sony, qui contre-attaque sérieusement à coup d’annonces autour de sa prochaine console, la PlayStation 2. De plus, la Nintendo 64 et la PlayStation proposent toujours des jeux très attrayants à Noël 1999, empêchant la Dreamcast de s’imposer face à des consoles vieillottes.
La sortie de la PlayStation 2 porte le coup de grâce à Sega. En cause : le marketing impitoyable et bien préparé de Sony et la possibilité de lire des DVD que n’avait pas la Dreamcast, alors que ce nouveau format rencontrait un succès fulgurant en seulement trois ans d’existence.
Sega a bien fait des annonces autour d’une hypothétique Dreamcast 2 dotée d’un lecteur DVD et d’autres atouts comme le dézonage des jeux et la compatibilité avec le Super Vidéo CD (un format alternatif au DVD), mais le fabricant accusait déjà des pertes financières intenables, le poussant à tout abandonner. Sega ne peut plus supporter sa machine qui a cessé d’être produite en début 2001.
Une page de pub
La publicité ci-dessous est assez originale car il n’est pas question de promouvoir un seul jeu vidéo. Pour la Dreamcast, Sega a en effet particulièrement misé sur l’aspect réseau de la console et sa capacité à se connecter aux récents réseaux issus d’Internet. Donc la Dreamcast est ici présentée comme une console pouvant être utilisée tel un ordinateur, ce qui est révolutionnaire évidemment, même si la communication fondée sur cet élément n’est pas celle qui intéresse forcément le plus les joueurs de jeux vidéo.
A contrario, regardez le spot suivant, issu de la campagne publicitaire aux États-Unis baptisé « It’s Thinking ». Dans celle-ci, le discours est complètement différent car nous avons le droit à une mise en scène de nombreux personnages de jeux vidéo faisant leur apparition sur Dreamcast qui dialoguent entre eux. Ainsi, oublions le thème d’internet et du multijoueur, ici, ce qui compte, à juste titre d’ailleurs, ce sont les jeux vidéo. En la regardant, vous verrez certainement que les téléspectateurs français auraient pu avoir mieux.
La collection du MTR
Hardware
Consoles
Le MTR possède deux consoles. Une n’a pas été modifiée, l’autre incorpore le système GDMU, ce hardware créé pour remplacer le lecteur de GD-Rom souvent défectueux de la Dreamcast au fil des années. Grâce à ce système, il est ainsi possible de lire les jeux depuis des cartes SD, chose faite par les consommateurs eux-mêmes. Le gros avantage est le temps de chargement diminué et cela remplace bien le lecteur optique soumis à l’épreuve du temps.
Accessoires
Plusieurs accessoires sont disponibles :
-2 VMU : le « Visual Memory Unit » est une sorte de carte de sauvegarde qui permet de sauver les données dans tous les jeux Dreamcast. L’innovation vient aussi de son petit écran et de ses mini-touches qui font penser à une Game Boy en version miniature. Sur cet écran s’affiche par exemple le logo d’un jeu ou encore un personnage que l’on dirige dans le jeu lui-même. De plus, il est possible de brancher deux VMU ensemble pour s’échanger des données, ce qui est amusant, mais aussi pratique.
-2 claviers : les claviers Dreamcast ressemblent évidemment à un clavier de PC. Ils permettaient à l’époque d’envoyer des mails et de faire des recherches internet sur le serveur de SEGA.
-2 souris : sans aucun doute nécessaires pour qui possède un clavier Dreamcast. En plus d’une navigation plus pratique sur internet, la souris est compatible avec certains jeux Dreamcast et peut remplacer la manette parfois peu adaptée.
Software
ChuChu Rocket! (1999)
Le premier jeu du catalogue est un jeu de puzzle. Des souris se déplacent rapidement sur un damier, à vous d’en rentrer le plus rapidement dans votre fusée avant la fin du temps imparti. Pour ce faire, il faut placer des flèches afin de diriger les souris vers votre engin, en essayant de ne pas vous manger des chats qui vous font perdre des points.
Toy Racer (2000)
Un jeu développé par le studio français No Cliché (1998-2002) qui consiste en un jeu de course où l’on incarne des jouets. Sans intérêt en solo car sans ennemis ordinateurs, il est très fun à plusieurs, malgré ses graphismes minimalistes et ses circuits peu nombreux.
Quake III Arena (2000)
Il s’agit d’un FPS faisant partie de la série Quake créée par le studio Id. Software (à l’origine notamment de Doom). Sorti sur Dreamcast, il fait partie des principaux titres incluant une option de jeu en réseau. Toutefois, même avec l’écran splitté, le jeu est fluide et profite bien des capacités de la console. Un très bon FPS donc, avec une panoplie de personnages et plusieurs arènes de combat. Et pour ceux préférant les jeux du genre sur PC, il est possible de les satisfaire grâce à la compatibilité avec le combo clavier/souris.
Sonic Adventure (1998)
La mascotte de Sega est de retour après une absence remarquée sur la Saturn. Cet opus fait entrer le hérisson bleu dans l’époque de la 3D. Il s’agit d’un des premiers jeux sortis sur Dreamcast et en tant que prouesse technique, il a permis à la console de bénéficier de très bonnes ventes au départ.
SoulCalibur (1999)
Un jeu de baston culte sur la Dreamcast. Au début sorti sur borne d’arcade, l’adaptation sur la console a été saluée car elle semblait même légèrement meilleure, ce qui n’était jamais le cas auparavant. Il faut dire que l’action est fluide et les graphismes à couper le souffle, avec en plus des animations très réalistes. Bien qu’orienté arcade par son gameplay basé sur les combinaisons de boutons pour obtenir des coups spéciaux parfois, le jeu est facile à prendre en main.
Unreal Tournament (2001)
Un autre FPS figure dans le catalogue. Issu de la franchise Unreal (premier opus en 1998), cet épisode est sorti en fin de vie de la Dreamcast, peut-être est-ce une raison pour laquelle aucun mode en ligne n’a été développé contrairement à Quake III Arena. En revanche, le nombre d’arènes de combat est très élevé et en fonction de leur superficie, le nombre d’adversaires ordinateurs varie pour aller jusqu’à sept pour les plus grandes. En multijoueur, ce jeu est donc vraiment jouissif et réussi.
Power Stone 2 (2000)
Place à un autre jeu de baston. Mais cette fois, il s’agit d’un jeu de combat en 3D monde ouvert, c’est le principal élément qui le différencie de son potentiel concurrent de l’époque, Super Smash Bros. On incarne des personnages de la franchise Power Stone dotés de superpouvoirs lorsqu’ils sont en possession de « power stone », c’est-à-dire des pierres magiques. De plus, des objets plus ou moins loufoques sont là pour pimenter le combat. Une très bonne alternative de Super Smash Bros. donc, surtout que l’on peut jouer à 4 joueurs.

Sources
ESTADIEU Roméo, La guerre des consoles dans la presse vidéoludique française De la fin des années 1980 au début des années 2000, Mémoire de Master Recherche, Université Jean Jaurès, 2023.
LE BRETON Jean-Louis, SPERANZA René, Manettes & pixels : histoire du jeu vidéo & retrogaming, Toulouse, Éditions de la Vallée heureuse, 2015. Disponible ici : https://www.fnac.com/a9068846/Rene-Speranza-Manettes-et-Pixels-Histoire-du-jeu-video-et-Retrogaming.