La Saturn de Sega (1994-2000)



L’histoire de la Saturn

Après la Megadrive

La Megadrive a permis à Sega de s’imposer comme un acteur incontournable du marché des consoles. À mesure que la technologie évolue, la firme a cherché à ne pas se faire distancer par la concurrence, notamment par la Jaguar d’Atari, perçue comme une menace avec ses 64 bits annoncés. C’est pourquoi, très rapidement, Sega se lance dans le développement de nouveaux hardware d’une puissance de 32 bits, supérieure aux 16 bits de la Megadrive.

Logo de Sega, entreprise à l’origine de la Megadrive au succès international, mais confrontée ensuite à des doutes.

En fin 1994 sort donc la Saturn, seulement deux semaines avant sa future grande rivale, la première PlayStation. Au début, la console de Sega a l’avantage grâce au portage de jeux issus des bornes d’arcade comme Virtua Fighter II, un des premiers jeux de combat en 3D, dont le public japonais est très friand. De surcroît, la réputation de Sega en fait un fabricant incontournable pour les éditeurs.

Les premières difficultés

Malheureusement, en 1995, la PlayStation prend l’avantage à cause des mauvaises décisions prises par Sega. En effet, la sortie de la Saturn en Occident est avancée de plusieurs semaines, alors les professionnels ne sont pas prêts. Autre décision critiquable : l’abandon pur et simple de tout soutien à la Megadrive et ses extensions Mega-CD et 32X, mécontentant une partie de leurs possesseurs.

De plus, la production de Saturn rencontre des difficultés et les jeux ne sont pas nombreux, ce qui n’est pas propice à de bonnes ventes initiales. Le catalogue de jeux s’enrichit quand même avec de nouvelles adaptations des jeux d’arcade comme Daytona USA, Sega Rally ou Virtua Cop. Cela ne suffit pas car de plus en plus d’éditeurs se tournant vers Sony et sa PlayStation dont le succès est croissant grâce à une stratégie marketing d’envergure.

Une fin douloureuse

En 1996, la Saturn est, déjà, dépassée par la PlayStation. Plusieurs facteurs font que la console de Sega est de plus en plus boudée par les professionnels et les joueurs. D’abord, à un stade avancé de son développement, alors qu’elle gère de la 2D, il avait été su que la PlayStation serait capable de générer de bonnes textures 3D. Ainsi, son hardware a été modifié de sorte qu’elle puisse se mesurer à la PlayStation, mais la conséquence est que celui-ci est devenu complexe à maîtriser pour les développeurs contrairement à sa rivale.

L’exemple le plus frappant de ce désastre est le développement du jeu Sonic X-Treme, censé être LE jeu de plate-forme succédant aux épisodes sortis sur Megadrive et LE concurrent de Super Mario 64. Mais voilà, les équipes de développement ont été confrontées à des défis techniques insurmontables, avec en plus des délais à respecter pour que le jeu sorte avant Noël. Pour l’anecdote, un des membres de l’équipe a même échappé à la mort à cause des conditions de vie dans les bureaux où il était enfermé. Son annulation a achevé tout espoir de rebooster les ventes de la console qui aurait aimé avoir LE jeu Sonic.

Ensuite, Sony a obtenu le ralliement d’éditeurs de poids ayant développé des jeux à succès comme Gran Turismo, Resident Evil ou Lara Croft. Mais, incontestablement, c’est le jeu Final Fantasy VII en 1997 qui porté le coup de grâce à la Saturn, aux ventes déjà bien faibles pour espérer tenir plus longtemps. À cela s’ajoute la sortie de la Nintendo 64 dès 1996 qui, évidemment, n’a pas arrangé les choses. Ainsi, en 1997, les équipes de Sega travaillent déjà sur une console nouvelle génération, la Dreamcast, provoquant la fin de production de la Saturn entre 1998 et 2000 en fonction des régions.


Une page de pub

Cette publicité est intéressante car elle rassemble des éléments marketings déjà utilisés pour la Megadrive et d’autres nouveaux. D’abord, nous pouvons voir que le slogan est toujours le célèbre « Sega, c’est plus fort que toi ». Toutefois, il est clair que le discours n’est désormais plus le même par rapport à la machine 16 bits. L’humour lié au fait que sur Saturn, tout est incroyable, n’est pas très percutant contrairement au malheureux punk de la Megadrive que l’on adorait se faire maltraiter par la puissance de la machine.

Cette publicité française est moins énigmatique et va droit au but. On présente Saturn comme la seule console capable de présenter des jeux réussis et beaux. Chose rare également, la fin du spot est consacrée à la connexion internet grâce à un modem qui se branchait à l’arrière de la console. Évidemment, rares sont les personnes ayant pu en profiter en 1997.


La collection du MTR

Caractéristiques :

Titre : Console Sega Saturn et sa manette ;

Type : objet ;

Format : 4 pièces, plastique – 262 x 222 x 87 mm (console), 148 x 80 x 25 mm (manette), un câble d’alimentation, une prise Péritel ;

Auteur/fabricant : SEGA Enterprises, Ltd. ;

Lieu de fabrication : Indonésie ;

Date de sortie commerciale : 22/11/1994 (Japon), 11/05/1995 (États-Unis), 08/07/1995 (Europe) ;

Numéro d’inventaire : 2024.14.1 ;

Date d’entrée au MTR : 11/10/2024.

Hardware

Le MTR possède le modèle 2 de la Saturn. Celui est différent du premier juste au niveau des boutons POWER et RESET qui sont de forme ronde et non ovale.

Software

Worms (1994)

Dans Worms, vous incarnez des lombrics pas comme les autres. Des lombrics destructeurs dotés d’une panoplie d’armes de tout genre. Dans différentes arènes de combat originales, vous devez anéantir tous vos adversaires lombrics grâce à divers types d’attaques et des déplacements. C’est donc un véritable jeu de stratégie au tour par tour. Cela n’est pas ennuyeux du tout et chaque action a toutes ses conséquences, négatives comme positives, rendant le jeu assez stressant et surtout haletant.

Daytona USA Championship Circuit Edition (1994)

Parfois abrégé Daytona USA CCE, il s’agit de la suite de Daytona USA, tout simplement. Plus abouti graphiquement que le premier, il propose également deux circuits supplémentaires ainsi qu’un mode deux joueurs.

Sega Rally Championship (1994)

Sorti au début de la vie de la console, il s’agit d’un jeu phare de la Saturn. Cette version est proche de celle de l’arcade et est très réussie. Malgré les effets de brouillard, les animations sont fluides, la conduite des voitures est très agréable et facile. Il est aussi possible de s’éclater à deux joueurs, même si jouer contre les ordinateurs est aussi amusant. Attention toutefois, au début, il sera difficile d’atteindre les checkpoints du premier coup.

Tempest 2000 (1994)

Place maintenant à un jeu « made in Atari ». Ce jeu s’inspire de Tempest, un titre sorti sur Atari 2600 en 1981 ! Mais Atari y a inclus de la musique techno très entraînante avec des graphismes simplistes, mais qui font bien le job. À l’origine sorti sur Atari Jaguar, ce portage est fidèle et réussi, se contentant de proposer la même chose : des ennemis arrivent du fond de l’écran, vous devez alors les tuer à l’aide de votre canon (une sorte de crochet jaune qui envoie des boules de feu peut-être). Addictif, il fonctionne sur le système du high score.


Sources

ESTADIEU Roméo, La guerre des consoles dans la presse vidéoludique française De la fin des années 1980 au début des années 2000, Mémoire de Master Recherche, Université Jean Jaurès, 2023.

LE BRETON Jean-Louis, SPERANZA René, Manettes & pixels : histoire du jeu vidéo & retrogaming, Toulouse, Éditions de la Vallée heureuse, 2015. Disponible : https://www.fnac.com/a9068846/Rene-Speranza-Manettes-et-Pixels-Histoire-du-jeu-video-et-Retrogaming.

THÉVENOT Aurélien, Le système solaire de Sega. Vers la Saturn et au-delà, Toulouse, Third Éditions, 2020. Disponible sur le site de l’éditeur : https://www.thirdeditions.com/pages/auteurs/aurelien-thevenot.

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