L’Atari ST (1985-1994)



L’histoire de l’Atari ST

Atari s’intéresse aux ordis

L’Atari ST est une gamme d’ordinateurs sortie à partir de 1985. Mais au fait, qu’est-ce que ça veut dire ? Atari « ST » signifie « Sixteen-Thirteen », c’est-à-dire en référence à la puissance 16 et 32 bits de certains processeurs intégrés dans l’ordinateur. Une autre signification qui avait été évoquée à l’époque est celle que « ST » serait les initiales de Sam Tramiel, un des enfants de Jack Tramiel, qui a en partie dirigé Atari pendant quelques années à partir de la seconde moitié des années 1980.

Victime du krach du jeu vidéo 1983-84, Atari a échappé de peu à la disparition grâce à son rachat à la dernière minute par Jack Tramiel, auparavant PDG de Commodore, une entreprise d’informatique que lui-même a fondée en 1958. Commodore s’apprête à dévoiler au monde entier un micro-ordinateur révolutionnaire et plus puissant que n’importe quel autre déjà sorti sur le marché. Mais Tramiel, ayant été poussé vers la sortie par son conseil d’administration, a quelque part envie de se venger.

La Jaguar a provoqué la faillite d'Atari Corporation.
Logo d’Atari Corporation, la nouvelle identité d’Atari après son rachat par Tramiel.

Avec lui, Atari se détourne du marché des consoles pour investir dans la micro-informatique qui a alors le vent en poupe, et pour contrecarrer la potentielle suprématie de Commodore. C’est ainsi que Tramiel met les standards haut pour que ses équipes de développement pondent un ordinateur aussi puissant en un rien de temps, mais à un prix qui doit rester compétitif.

L’Atari ST et sa configuration

C’est ainsi qu’en début 1985, l’Atari ST sort avec le modèle 520 STF. Il y a bien eu le 260 ST quelques mois auparavant, mais le 520 est clairement une amélioration. En effet, le système d’exploitation est directement intégré dans la mémoire morte de la machine, tandis que le lecteur de disquettes est inséré avec tout le reste du hardware dans un seul bloc. Ce concept d’ordinateur monobloc comprenant donc l’unité centrale, le lecteur de disquettes et le clavier a par ailleurs été repris par la concurrence comme les ordinateurs CPC d’Amstrad ou encore les puissants Amiga de Commodore, désormais déclaré ennemi juré d’Atari.

Du haut de ses 512 Ko de mémoire, l’Atari ST se vend très bien car il est puissant et pas très cher. Il est idéal aussi pour les musiciens grâce à sa prise MIDI et ses logiciels de musique assistée très aboutis. Le 520 STF a connu une autre évolution en 1987, le 520 STE, qui est capable d’avoir jusqu’à 4 Mo de mémoire, lui permettant de supporter des applications qui, avec le temps et l’évolution technologique, sont de plus en plus gourmandes.

Quoiqu’il en soit, l’Atari ST a de quoi plaire pour ses performances de base qui n’ont fait qu’augmenter au fil du temps. Mais en plus, cet ordinateur a été dès le départ nommé, par la presse spécialisée notamment, « Jackintosh ». Pourquoi ? En référence à l’environnement graphique et à la souris, deux éléments qui tirent leur origine dans le Macintosh d’Apple. Même si le GEM est tout de même moins élaboré que chez Apple, il a le mérite d’être simple et donc d’être à la portée de tous les utilisateurs s’initiant à l’informatique.

Une gamme à bout de souffle

À mesure que les évolutions technologiques évoluent; l’Atari ST a été décliné en plusieurs variantes proposant des performances toujours supérieures. C’est ainsi qu’à partir de 1987 sont arrivés d’autres ordinateurs plus évolués comme le 1040 ST et le Mega ST, sans oublier le TT et le Falcon, même si ces deux derniers ne font pas partie de la gamme ST.

Toutefois, Atari entame une période de déclin à ce moment-là. En effet, d’un point de vue professionnel, les PC sont de plus en plus plébiscités pour leur généralisation et leur baisse de prix. Et d’un point de vue ludique, les consoles de salon comme les Megadrive et Super Nintendo offrent des performances tout à fait satisfaisantes pour des prix plus abordables.

Précisons également que l’Atari TT est étrangement incompatible avec tous les ST antérieurs, tout comme le Falcon. Forcément alors, même si les performances et les capacités de stockage de données sont plus élevées, la gamme des ST a fortement décliné pour disparaître en 1994. Cette année-là, Atari a décidé de tout abandonner pour mettre son destin entre les mains de sa nouvelle console de salon, la Jaguar.


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La collection du MTR

Caractéristiques :

Atari 520 STF et 520 STE et leur souris ;

Type : objet ;

Format : 8 pièces, plastique – 474 x 291 x 69 mm (les deux ordinateurs), 61 x 98 x 36 mm (les deux souris), deux câbles d’alimentation, une prise Péritel (520 STF), 323 x 320 x320 mm (moniteur Atari SM146) ;

Auteur/fabricant : Atari Corp. ;

Lieu de fabrication : Taïwan (520 STF), Chine (520 STE) ;

Date de sortie commerciale : 1985 (520 STF), 1987 (520 STE) ;

Numéro inventaire : 2024.64.1 (Atari 520 STF), 2024.65.1.1 et 2024.65.1.2 (Atari 520 STE et moniteur Atari SM146) ;

Date d’entrée au MTR : 20/11/2024.


Sources

LE BRETON Jean-Louis, SPERANZA René, Manettes & pixels : histoire du jeu vidéo & retrogaming, Toulouse, Éditions de la Vallée heureuse, 2015. Disponible ici : https://www.fnac.com/a9068846/Rene-Speranza-Manettes-et-Pixels-Histoire-du-jeu-video-et-Retrogaming.

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