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L’histoire du Betamax
Sony et les cassettes vidéo
Les années 1970 voient éclore plusieurs standards de cassettes vidéo, le marché étant lucratif face à une demande croissante des consommateurs et l’évolution technologique qui permet désormais d’avoir des bandes magnétiques plus longues et, surtout, des images en couleurs. Sony n’est pas un débutant dans ce secteur. En effet, la firme est à l’origine du Videorecorder Sony CV-2000, un des premiers magnétoscopes grand public sorti en 1965, bien qu’il ne se soit vendu qu’auprès d’un public professionnel étant donné son volume et son intérêt proche du zéro pour les consommateurs lambdas. Enfin, citons la cassette U-Matic de 1971, elle aussi destinée à un marché professionnel, mais qui a rencontré un énorme succès.

Le marché des cassettes
Quoiqu’il en soit, le marché des cassettes vidéo est encore assez vierge à cette période. En effet, Avco et Cartridge Television ont conjointement développé l’Américaine Cartrivision, première cassette vidéo grand public de l’histoire, en 1972-1973, sans succès. Et de son côté, Philips a déjà commercialisé la cassette VCR en 1972 et, même si elle reste cantonnée au marché européen, son relatif succès signifie que Sony doit se dépêcher de proposer quelque chose s’il ne veut pas perdre la course.
À l’approche de 1975, il faut dire que de plus en plus d’entreprises sont en train de développer leur propre format de cassette vidéo. Parmi elles, la société Sanyo, un des concurrents de Sony au Japon, a sorti le V-Cord en 1974. C’est d’ailleurs cette année que Sony commence à faire parler de sa future cassette. Il faut attendre 1975 pour que le premier magnétoscope voie le jour au Japon. Bienvenue au Betamax.
Betamax contre VHS
Le Betamax a de quoi plaire par ses caractéristiques techniques : une image en couleurs, une bande magnétique de qualité et proposant une durée supérieure à deux heures. Et il a aussi tout pour réussir grâce au soutien du réseau de ventes de Sony très efficace. Pendant à peu près deux ans, le Betamax a dominé le marché des cassettes, douchant tous les espoirs des autres standards à l’exception d’un seul : la VHS.
Une guerre légendaire opposera ainsi les deux formats jusqu’au début des années 1980, période où la VHS a confirmé son succès incontestable pour plusieurs raisons : ses capacités d’enregistrement légèrement supérieures, sa technologie plus facile à maîtriser, son réseau de distribution impliquant presque quatre fois plus d’entreprises que le Betamax et une plus grande diversité de contenus vidéo que celui-ci. La légende urbaine veut par exemple que le format VHS a gagné la bataille parce que JVC et ses partenaires auraient proposé à la vente des cassettes de films pornographiques et pour adultes. Toutefois, il ne faut pas en faire la cause principale, surtout que tous les consommateurs ne sont pas adeptes de ce genre de programme.
Malgré cette défaite, le Betamax s’est renouvelé dans les années 1980 avec plusieurs déclinaisons pour des usages plus professionnels. De plus, le Japon a continué d’être un terrain de ventes puisque les magnétoscopes Betamax y ont été vendus jusqu’en 2002.
Une page de pub
Publicité américaine pour le modèle de magnétoscope SL-7200. Ici, l’accent est mis sur un des arguments principaux des magnétoscopes : la possibilité d’enregistrer un programme à n’importe quelle heure, en présence ou non de son utilisateur. Le Betamax est pourtant loin d’être à l’origine de cette capacité, mais le rendre central dans la publicité permet aussi de faire croire que Sony est un pionnier en la matière.
Voilà une autre publicité pour le Betamax, cette fois-ci avec l’acteur des Monty Python John Cleese. Le spot ne manque donc pas d’humour, tout en présentant les principaux avantages de ce magnétoscope Betamax, modèle C7 : une télécommande, une programmation d’un enregistrement jusqu’à 14 jours par exemple ou encore une bonne qualité d’image sur toute la cassette, peu importe ce que vous avez enregistré.
La collection du MTR
Sources
LARDNER James, Fast forward : Hollywood, the Japanese, and the onslaught of the VCR, New York, 1987, 349 pages.
La page Wikipédia en anglais : https://en.wikipedia.org/wiki/VideoWriter.