Le Mega-CD de Sega (1991-1996)



L’histoire du Mega-CD

Le Mega-CD, une extension prometteuse…

En lançant la Megadrive dès 1988 au Japon, Sega a clairement indiqué son intention de figurer comme un fabricant adoptant la dernière technologie de pointe. C’est dans la continuité de cette mentalité que les dirigeants de l’entreprise veulent faire de la Megadrive une console évolutive. Le principe consiste à concevoir une machine de base, à partir de laquelle il est ensuite possible de brancher diverses extensions. Voyant les capacités techniques du CD-Rom séduire de nombreux acteurs, y compris des concurrents comme Philips et son CD-i ou encore NEC et sa PC Engine, également dotée d’une extension CD-Rom, Sega conçoit donc un lecteur CD pour la Megadrive.

Logo de Sega, entreprise qui espère prendre tout le monde de court avec le Mega-CD, un booster technologique pour la Megadrive.

En fin 1991 sort donc le Mega-CD, censé donner un second souffle technologique à la Megadrive, qui a déjà trois ans, pour la faire entrer dans une nouvelle génération. Deux modèles sont sortis, mais l’Europe n’a quasiment jamais connu le premier car, pour l’anecdote, la première livraison effectuée par Sega of Japan à destination des entités européennes ne contenait que des machines dotées d’une prise d’alimentation incompatible. Ainsi, seul le Mega-CD II, de surcroît peu onéreux à produire, a connu une certaine vie commerciale sur le Vieux Continent.

…mais des freins à son achat

Ce n’est pas ce défaut logistique qui a terni l’image de la machine, mais le hardware et le software. En effet, sur le papier, le Mega-CD est relativement puissant, mais en réalité, ses capacités ne sont pas extraordinaires car il dépend du moteur vieillissant de la Megadrive. Le rendu graphique est donc assez fade et de nombreux jeux ont très mal vieilli. Côté soft, le catalogue n’est pas là pour aider non plus car seulement une poignée de titres comme Sonic CD donne envie, la grande majorité d’entre eux étant des jeux visuellement beaux, mais au gameplay proche de l’ennui.

N’oublions pas pour conclure que le Mega-CD a été vendu au prix de 1 990 F, ce qui est assez prohibitif pour une simple extension, surtout pour ceux ne possédant pas la nécessaire Megadrive. Le Mega-CD voit ses ventes diminuer constamment dès 1993, lorsque de nouvelles consoles CD plus performantes commencent à poindre à l’horizon comme la 3DO et surtout les PlayStation et Saturn, même si sa production ne cesse qu’en 1996.


Une page de pub

Le Mega-CD a eu le droit, contrairement à ce que nous pourrions croire, à une campagne publicitaire plutôt intense. La publicité télévisée ci-dessous fait partie de la campagne publicitaire « Canal Sega », une fausse chaîne pirate faisant la promotion des consoles de SEGA en Europe. Elle est volontairement diffusée ainsi pour être dans la continuité de l’approche marketing agressive adoptée par la marque pour être à contre-courant des publicités du concurrent Nintendo, beaucoup moins provocatrices. Dans cette annonce sont visibles des extraits des jeux INXS, Dune et Night Trap.

La publicité suivante est encore en rapport avec Canal Sega. Ici, trois jeux sont présents : INXS, Sonic CD et Thunderhawk. Le passage où Sonic est vu en plein vol est techniquement une des prouesses que le Mega-CD est capable de proposer car l’environnement est en 3D. Thunderhawk est enfin présenté avec son animation réussie et fluide à bord d’un hélicoptère en plein mouvement.


La collection du MTR

Caractéristiques :

Titre : Combo Megadrive 1 + Mega-CD 2 ;

Type : objet ;

Format : 5 pièces, plastique – 457 x 220 x 97 mm, deux prises d’alimentation, une manette, une prise Péritel ;

Auteur/fabricant : SEGA Enterprises, Ltd. ;

Lieu de fabrication : Japon ;

Date de sortie commerciale : 1990 (Megadrive, Europe), 1993 (Mega-CD, Europe) ;

Numéro inventaire : 2024.63.1 (Atari 520 STF), 2024.64.1.1 et 2024.64.1.2 (Atari 520 STE et moniteur Atari SM146) ;

Date d’entrée au MTR : 20/11/2024.

Hardware

Le MTR possède un lot unique comprenant une Megadrive 1 et un Mega-CD 2, tous deux ancrés dans une plaque additionnelle vendue à l’époque exprès pour que le transport soit plus pratique.

Software

Night Trap (1992)

Certainement un incontournable du Mega-CD et un jeu qui a fait grand bruit à sa sortie. Accusé en effet par les autorités américaines d’encourager la violence, alors que le principe du jeu consiste justement à faire qu’il n’y en ait pas, il a fait l’objet de débat. Vous contrôlez les caméras d’une maison où des amies se retrouvent. C’est au joueur d’activer des pièges dissimulés partout pour empêcher des bandits (difficile de dire de qui il s’agit exactement) de kidnapper les invitées. Ce jeu est un grand classique du film interactif, même s’il est très difficile à cause du timing parfait à avoir pour ne pas perdre complètement le fil.

Supreme Warrior (1994)

Encore un jeu FMV. Mais celui-ci se distingue par son originalité car il s’agit d’un jeu de combat. Le pari est osé mais le résultat est là. On incarne un combattant d’arts martiaux qui doit en affronter d’autres. Il revient au joueur d’appuyer sur les bonnes touches au bon moment pour parer un coup ou donner un coup de pied ou de poing. La difficulté réside dans le très court délai pour exécuter le coup et aussi la direction (à gauche, à droite, en bas, en haut). En somme, difficile mais original.

Corpse Killer (1994)

Encore un jeu FMV, mais de tir cette fois. Toutefois, ce jeu est très répétitif avec beaucoup de phases où, pendant que l’écran défile, vous devez tirer sur tous les monstres qui foncent droit sur vous. L’autre problème est la laideur des graphismes qui rendent les monstres encore plus effrayants. Soulignons quand même que ce jeu met en scène un acteur connu, Vincent Schiavelli (La famille Adams et Vol au-dessus d’un nid de coucou), qui joue le rôle du méchant. Jeu très difficile à essayer, mais assez vite barbant.


Sources

MONTERRIN Régis, Génération SEGA. Volume 2. 1991-2022 : Mega-CD, Saturn, Dreamcast et la fin d’un empire, Bulgarie, Omaké Books, 2022. Disponible ici : https://omakebooks.com/products/generation-sega-vol-2-edition-standard?srsltid=AfmBOorplDW8_9s_lQ523HHqtNrqK97hRgPPQf8DEfldM-pqr3Ww-F40.

BRISOU Mathieu, « CDI il est là ! », Tilt n° 96, décembre 1991, p. 23.

S.N., « Sega TV », Fandom [en ligne], consulté le 18/01/2025. Disponible sur : https://sega.fandom.com/wiki/Sega_TV.

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