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L’histoire du TeD
La naissance du TeD

Le premier vidéodisque grand public est sorti tout droit des usines de l’entreprise allemande Telefunken, en mars 1975, après plusieurs années de travail acharné pour concevoir et fabriquer un produit un minimum fiable. C’est la naissance du TeD ou Television Electronic Disc, qui a par ailleurs bénéficié d’une campagne promotionnelle intensive. Ce n’était en revanche pas le cas du Phonovision développé par John Logie Baird – et lointain prédécesseur du TeD – qui a connu une vie commerciale de quelques années au début des années 1930, sans pour autant que beaucoup de lecteurs Phonovision soient commandés et produits.
Par ailleurs, Telefunken a aussi réussi à proposer sa technologie à quelques entreprises, dont des japonaises, afin de vendre ses lecteurs et ses disques au-delà des frontières d’origine. Le TeD est donc un produit bien soutenu par son fabricant et non un simple gadget en lequel personne ne croit.
Une technologie très limitée
Le TeD a été réfléchi en reprenant des éléments du support ayant donné naissance aux vidéodisques, le phonographe. Le disque TeD fait 21 cm de diamètre pour une épaisseur de 0,1 mm, pèse 5 g et tourne à une vitesse de 1 500 tours par minute (selon le standard européen). Contrairement à tous les autres vidéodisques ayant existé par la suite comme le LaserDisc, le CED ou même le CD-Rom et ses successeurs, le disque TeD est en réalité une feuille de plastique volatile et flexible.
Mais le vidéodisque allemand a rapidement montré des signes de faiblesse. Des défauts techniques ont persisté, ce qui rendait son utilisation peu ou pas intéressante. Citons d’abord le fait que les disques ne pouvaient abriter que dix minutes de programme, ce qui est bien dérisoire, surtout quand se fait la remarque suivante : « Qu’est-ce que je peux regarder en dix minutes ? ».
De plus, si le rendu à l’écran proposé par le vidéodisque est censé être meilleur que ce que promet une cassette vidéo, il n’empêche qu’il y a toujours eu une étrange bande de pixels permanente sur la droite de l’écran. L’expérience visuelle était donc plus ou moins perturbante, voire désagréable. Résultat : en moins de deux ans, l’aventure s’est déjà terminée dans l’oubli avec seulement 13 000 lecteurs ayant trouvé acquéreurs.
Une page de pub
La collection du MTR

Lieu de fabrication : Allemagne de l’Ouest ;
Date de sortie commerciale : 1975 ;
Numéro d’inventaire : 2025.83.1 ;
Mise sous tension avec succès (sur la seconde photo, il est possible de voir deux points avec une lumière orangée). Mais l’insertion du disque a été un échec (par méconnaissance du fonctionnement).Le TP 1005 de Telefunken semble être le seul lecteur du format TeD à avoir vu le jour. Peut-être qu’un format japonais est sorti de manière très confidentielle… En tout cas, la courte vie commerciale du disque est la raison principale de cette unicité. Une autre cause serait la non-implication d’autres entreprises dans l’aventure de Telefunken comme Philips par exemple, trop occupé avec sa cassette VCR notamment, qui n’a pas permis au lecteur de connaître plusieurs déclinaisons.
En tout cas, lorsque le disque a été manipulé, la surprise a été de taille. Qui aurait cru en effet que le disque du TeD ressemblait presque à une feuille, alors que tous les autres vidéodisques que le commun des mortels connaît sont beaucoup plus rigides. Mais il est probable que ce choix de matière ait été voulu pour des raisons de coût.
Sources
MERRILL Paul F., SCHUBIN Mark, SIGEL Efrem, Video Discs: The Technology, the Applications and the Future, 1980, États-Unis, Knowledge Industry Publications Inc., p. 15.
HAYNES George R., Opening Minds: The Evolution of Videodiscs & Interactive Learning, États-Unis, Kendall Hunt Pub Co, 1989, p. 20.
DARTEVELLE Christian, « Le vidéodisque face au magnétoscope », Sciences & Vie n° 776, mai 1982, p. 130. Disponible sur le site : https://www.abandonware-magazines.org/.