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L’histoire du Videopac
Philips à l’assaut
En tant que fabricant d’électronique européen majeur, il est logique que Philips soit tenté d’investir le marché des consoles alors en pleine croissance en cette fin des années 1970. Surtout que Philips a déjà racheté Magnavox, une entreprise américaine ayant sorti l’Odyssey en 1972, la première console grand public de l’histoire. Pour éviter que l’Atari 2600 ne domine à 100% ce marché lucratif, Philips lance en 1978 le Videopac simultanément en Europe et aux États-Unis, sur le principal terrain de jeu de la machine d’Atari.

À cette époque, Philips adopte une politique de standardisation consistant à commercialiser ses produits via plusieurs marques. Grâce à cela, le fabricant possède un réseau commercial particulièrement étendu, lui permettant de distribuer et promouvoir ses machines dans plusieurs magasins dans plusieurs pays et donc à un plus grand nombre de clients. À l’instar du format cassette Vidéo 2000, le Videopac est une console vendue par Philips et quelques sociétés partenaires, qui plus est, en plusieurs modèles au design légèrement modifié.
Citons par exemple Magnavox, désormais filiale de Philips rappelons-le, qui commercialise la Videopac sous le nom de Magnavox Odyssey2. Curieux, non ? Cela rappelle étrangement la première console de jeux vidéo de 1972. Il est probable que Philips a choisi de reprendre le nom de l’Odyssey précisément pour rappeler aux consommateurs américains que le Videopac est un héritier de la machine pionnière. C’est du pur marketing.
Mais pour encore plus se distinguer de l’Atari 2600, Philips a conçu le Videopac comme une console et un ordinateur, à une époque où la micro-informatique émerge avec notamment l’Apple II qui connaît de très bons résultats de vente grâce à ses performances et ses logiciels variés.
Le Videopac face à ses défauts
À vrai dire, malgré sa polyvalence vantée et son réseau de distribution solide, le Videopac présente quand même de nombreux défauts. Le catalogue de jeux est très pauvre, 61 titres au total, par rapport à l’Atari 2600 qui bénéficie d’un soutien massif des éditeurs. L’utiliser comme un ordinateur se limite en réalité à la seule découverte du langage BASIC, pas davantage. D’un autre côté, si les fonctionnalités informatiques étaient plus développées, cela n’aurait pas été non plus très jouissif pour les utilisateurs. En cause : ce clavier imposant composé de petites touches en gomme qui ne sont pas du tout ergonomiques s’il faut taper des lignes de programmation.
Et outre ses performances graphiques très insuffisantes face à la concurrence, l’expérience de jeu n’est pas optimale à cause de la mauvaise ergonomie des joysticks. Le Videopac est ainsi balayé dans un premier temps par des machines plus puissantes comme l’IntelliVision ou la ColecoVision, dans un second par le krach du jeu vidéo en 1983-84 qui abrège les souffrances de la console de Philips.
Une page de pub
Dans ce spot publicitaire, le discours de Philips est clairement fondé sur le catalogue de jeux proposant de nombreux jeux différents, permettant aux joueurs de varier les plaisirs. Nous sommes en effet, à la fin des années 1970, à un moment où la majorité des consoles du marché proposaient encore un jeu ressemblant de près ou de loin à Pong.
La collection du MTR
Sources
LE BRETON Jean-Louis, SPERANZA René, Manettes & pixels : histoire du jeu vidéo & retrogaming, Toulouse, Éditions de la Vallée heureuse, 2015. Disponible ici : https://www.fnac.com/a9068846/Rene-Speranza-Manettes-et-Pixels-Histoire-du-jeu-video-et-Retrogaming.